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Semaine nationale de la myopie 2025 : comprendre l’urgence, protéger la vision des enfants et agir maintenant

La myopie n’est plus un simple défaut visuel. C’est devenu un enjeu majeur de santé publique, une maladie silencieuse qui progresse à une vitesse telle que les experts parlent désormais d’épidémie.

Du 24 au 30 novembre 2025, à l’occasion de la Semaine nationale de la myopie, les professionnels de santé se mobilisent pour informer, dépister et accompagner les familles. Une mobilisation essentielle, car ce que nous faisons aujourd’hui déterminera la vision des enfants de demain.

Une maladie en pleine explosion : pourquoi la myopie est devenue un enjeu national

En France, plus de 30 % des adultes sont myopes, et 5 % présentent une myopie forte, souvent source de complications graves.

À l’échelle mondiale, les projections sont sans appel : un adulte sur deux pourrait être myope en 2050.

Derrière ces chiffres, une réalité simple : la myopie n’est plus un trouble bénin lié à l’hérédité. Elle est le reflet direct de nos modes de vie modernes :

  • journées passées en intérieur,
  • sollicitations visuelles rapprochées constantes,
  • omniprésence des écrans,
  • baisse du temps d’exposition à la lumière naturelle.

Les yeux des enfants se sont adaptés… en s’allongeant. Ce changement anatomique est au cœur de la myopie, et il est irréversible.

Les enfants en première ligne : une progression plus précoce, plus rapide, plus sévère

En France, 1 enfant sur 5 est déjà myope, et les données montrent que la maladie apparaît plus tôt qu’avant, notamment entre 7 et 12 ans, une période où elle évolue rapidement.

Plus la myopie débute tôt, plus elle a de chances de devenir sévère. Et une myopie sévère, ce n’est pas “juste” des lunettes plus fortes : c’est un risque accru de troubles qui peuvent menacer la vue à l’âge adulte :

  • décollement de rétine,
  • glaucome plus précoce,
  • cataracte avancée,
  • maculopathies,
  • jusqu’à la cécité.

Un chiffre résume l’enjeu : chaque dioptrie supplémentaire augmente le risque de complications rétiniennes de 40 %.

Agir tôt change donc réellement la trajectoire de santé visuelle d’un enfant.

Une réalité encore trop méconnue des familles : les chiffres qui interpellent

Selon le Baromètre de la santé visuelle 2025 :

  • 60 % des Français ignorent que la myopie progresse fortement chez les jeunes.
  • 45 % des parents ne savent pas que le manque d’exposition à la lumière naturelle augmente le risque de myopie.
  • 30 % ne connaissent pas les complications graves associées à une myopie forte.
  • Beaucoup ne savent pas non plus quand faire dépister leur enfant.

Cette méconnaissance retarde les diagnostics, alors qu’un repérage précoce permet d’éviter qu’une myopie légère n’évolue vers une forme sévère.

Prévenir la myopie : des gestes simples, prouvés scientifiquement

La prévention, souvent sous-estimée, repose sur quelques routines faciles à intégrer au quotidien. Elles sont réunies dans un repère simple, pensé pour les enfants et leurs familles.

➤ Sortir au moins deux heures par jour

La lumière du jour ralentit l’allongement de l’œil.

Chaque heure passée dehors par semaine réduit de 2 % le risque de myopie.

➤ Appliquer la règle du 20/20/20

Toutes les 20 minutes :

20 secondes de pause,

en regardant quelque chose à 20 pieds (6 m).

C’est la meilleure méthode pour détendre instantanément les muscles oculaires.

➤ Garder 30 cm minimum entre les yeux et l’écran ou le livre

Un geste simple, mais capital pour éviter la fatigue accommodative.

➤ Limiter les écrans en vision rapprochée

Les tablettes et smartphones sont les plus sollicitants pour les yeux et accélèrent l’apparition de la myopie.

➤ Préserver le sommeil

Entre 6 et 12 ans, un enfant a besoin de 9 à 12h de sommeil selon son âge.

Le manque de sommeil augmente le risque de progression myopique.

Ces bons réflexes sont le socle d’une prévention efficace, et l’un des piliers de la Semaine nationale.

Dépister tôt : le rôle essentiel des orthoptistes et ophtalmologistes

Une myopie dépistée tôt est une myopie que l’on peut contrôler.

Les recommandations officielles :

  • 1er dépistage à 3 ans, lors de l’entrée à l’école maternelle.
  • Dépistage indispensable à 6 ans, avant l’apprentissage de la lecture.
  • Contrôles tous les deux ans tout au long de la scolarité.

Et dès qu’un signe apparaît, même discret : consulter.

Un enfant qui plisse les yeux, se rapproche de l’écran, évite certaines activités ou se plaint de mal voir doit être examiné.

Un examen peut être réalisé :

  • par un ophtalmologiste,
  • ou par une orthoptiste, en bilan prescrit, dans le cadre du parcours de soin.

Ces deux professions jouent un rôle clé dans la prise en charge actuelle.

Freiner la myopie : des solutions efficaces existent déjà

On peut aujourd’hui ralentir la progression de la myopie de façon significative.

Ces solutions, validées scientifiquement, réduisent en moyenne l’évolution de 50 à 60 %.

Les principales options :

➤ Les verres de freination

Ils agissent sur la vision centrale et périphérique pour empêcher l’œil de s’allonger.

➤ Les lentilles de freination à porter le jour

Souples, bien tolérées, très efficaces pour corriger et freiner en même temps.

➤ L’orthokératologie (lentilles de nuit)

Elles remodèlent la cornée pendant le sommeil et freinent la myopie tout en offrant une vision nette la journée, sans équipement.

➤ Les collyres à base d’atropine microdosée

Instillés le soir, ils limitent l’allongement axial de l’œil.

Déjà utilisés en milieu hospitalier, ils seront prochainement accessibles en pharmacie de ville.

La freination n’est pas un luxe : c’est un moyen d’éviter les complications de la myopie forte et de préserver les options chirurgicales à l’âge adulte.

Semaine nationale de la myopie 2025 : un rendez-vous incontournable pour les familles

Le mot d’ordre de cette édition est clair :

« Contre la myopie, c’est maintenant qu’on agit ! »

L’objectif est d’inciter les parents à suivre un véritable plan d’action en trois étapes :

  1. Je préviens

    → Je modifie les habitudes du quotidien : lumière naturelle, pauses, sommeil, distance de lecture…

  2. Je dépiste

    → Je fais contrôler la vision de mon enfant à 3 ans, 6 ans, puis tous les deux ans.

  3. Je freine

    → Je consulte un spécialiste pour obtenir la solution adaptée.

Se mobiliser ensemble : un enjeu collectif

Ophtalmologistes, orthoptistes, opticiens, médecins généralistes, pédiatres, enseignants, collectivités, associations, parents : tout le monde a un rôle à jouer.

La Semaine nationale de la myopie est une occasion unique :

  • d’informer mieux,
  • de dépister plus tôt,
  • d’agir plus vite,
  • et de freiner plus efficacement.

Parce que voir, c’est apprendre, comprendre, bouger, grandir, s’orienter, se sentir en sécurité.

Parce qu’une bonne vision est un pilier de la santé de l’enfant.

Et parce qu’on peut faire beaucoup, dès aujourd’hui.

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