Santé populationnelle – 23 février 2026
📍 Hôpital de Voiron
👥 Près de 40 participant·es mobilisé·es
Lundi soir, l’hôpital de Voiron a accueilli la deuxième réunion clinique du projet de santé populationnelle consacré à l’insuffisance cardiaque. Une quarantaine de professionnel·les de santé du territoire étaient présent·es, représentant différentes organisations (CPTS, établissements de santé…) et métiers, pour poursuivre la construction du parcours patient.
Après une première rencontre consacrée à la caractérisation des publics à risque et aux enjeux territoriaux, cette seconde soirée avait un objectif clair : définir concrètement le parcours de la strate 0, c’est-à-dire le repérage précoce et l’orientation rapide des personnes à risque d’insuffisance cardiaque.
Un cap partagé : repérer tôt, prescrire vite, orienter efficacement
Le contexte est connu :
- Population vieillissante
- Forte prévalence des facteurs de risque (obésité, diabète, HTA, précarité, tabac)
- Association fréquente insuffisance cardiaque / diabète de type 2
- Taux élevé de réhospitalisations
L’enjeu est donc d’organiser un circuit simple et fluide :
Repérer → Prescrire un bilan → Recevoir le résultat → Orienter sans délai.
Trois ateliers pour construire le parcours
La soirée s’est organisée autour de trois tables conduisant des réflexions parallèles, suivies d’un regroupement par CPTS afin d’élaborer une stratégie propre à chacune, adaptée aux réalités de leurs territoires et aux acteurs qui y exercent.
Atelier Dépistage : Comment rencontrer le public et qui repère ?
Les participant·es ont travaillé sur :
- Les publics prioritaires (≥ 50 ans avec facteur de risque, signes EPOF), précaire, éloigné des structures de soins…
- Les lieux et moments de contact : cabinets, MSP, pharmacies, infirmier·es, actions “aller-vers”, structures sociales, service de santé au travail…
- Les outils de repérage simples, multi-professionnels, ainsi que les leviers de communication
L’objectif : permettre un repérage précoce par des professionnel·les non médecins, avant toute décompensation.
Atelier Bilan : Qui prescrit ? Qui reçoit le résultat ? Comment circule l’information ?
Deux situations ont été étudiées afin de tenir compte de la réalité du terrain : un·e habitant·e avec ou sans médecin traitant.
Les échanges ont porté sur les éléments constitutifs d’un futur protocole de coopération permettant à un·e professionnel·le non médecin de déclencher un bilan biologique, incluant le dosage du NT-proBNP et de la créatininémie, chez un patient présentant au moins un signe EPOF et un facteur de risque.
L’enjeu central : sécuriser la prescription, organiser la réception du résultat par le bon acteur et garantir une décision rapide.
Atelier Orientation : Qui oriente ? Vers qui ? Avec quels outils ?
Les participant·es ont salué la mobilisation des services de cardiologie, qui disposent des capacités et de la volonté d’accueillir les patients présentant un bilan biologique évocateur d’insuffisance cardiaque et pouvant se déplacer.
Pour les personnes dont les capacités de déplacement sont réduites, les équipes de l’ESS Cardio+ pourront intervenir directement auprès d’elles.
Une autre réflexion, plus complexe, a émergé : comment assurer le suivi des patient·es présentant un signe EPOF sans bilan biologique caractérisé ? Comment éviter de passer à côté d’une pathologie aiguë et grave, sans pour autant surcharger inutilement les services d’urgences et les cabinets médicaux ?
Par ailleurs, identifier un facteur de risque implique d’inscrire la personne dans un suivi au long cours. Il s’agit de ne pas perdre de vue ces patient·es susceptibles de développer une pathologie dans les années à venir.
Tout cela doit s’inscrire dans le cadre réglementaire existant, avec les outils disponibles et dans le respect des organisations propres à chaque structure. Un défi collectif qui sera affiné par chaque CPTS dans les prochaines semaines.
Chaque CPTS reste libre de son organisation opérationnelle, mais les principes structurants sont désormais partagés.
Une dynamique interprofessionnelle forte
La richesse des échanges a confirmé un point majeur : la détection précoce de l’insuffisance cardiaque ne peut reposer sur un seul acteur.
Chaque professionnel·les de santé a un rôle à jouer dans le repérage, la sécurisation du bilan et l’orientation rapide.
Vous souhaitez vous engager ?
Vous avez envie de participer au protocole de coopération ?
De pouvoir évaluer les patient·es que vous suspectez d’insuffisance cardiaque, et, demain, leur prescrire une biologie afin de les intégrer rapidement dans un parcours déterminant pour leur santé ?
📅 La prochaine réunion aura lieu le 30 mars. Vous pouvez vous inscrire sur notre site.
Ou simplement nous envoyer un message pour nous indiquer votre intérêt et en savoir plus.

