La relation médecin–patient constitue le socle de la médecine générale, et sa qualité conditionne fortement la satisfaction des patients, l’adhésion aux soins et, in fine, les résultats de santé . Dans ce cadre, la prise en compte des différences culturelles entre praticiens et patients est devenue un enjeu central en raison des évolutions démographiques et des mobilités migratoires en Europe et en France. En effet, la diversité croissante des patientèles expose les médecins généralistes à des situations où les modèles explicatifs de la maladie, les attentes vis-à-vis du soin et les comportements de santé peuvent diverger selon les origines culturelles .
Le concept de « compétence culturelle » a été défini comme l’ensemble des connaissances, attitudes et habiletés permettant aux professionnels de santé de fournir des soins efficaces dans un contexte interculturel. Plus récemment, à la fin des années 90, le terme « d’humilité culturelle »6 a été introduit pour insister sur la nécessité d’une démarche réflexive et continue, intégrant la reconnaissance des biais implicites et la co-construction des plans de soins avec les patients. L’humilité culturelle et définie comme un processus dynamique et continu d’apprentissage visant à améliorer la qualité et l’équité des soins dans un contexte de diversité croissante .
De nombreuses études internationales ont montré que le développement de la compétence culturelle chez les médecins contribue à réduire les inégalités de santé, à améliorer la qualité perçue de la communication et à renforcer la confiance dans la relation thérapeutique.
Cependant, en médecine générale en France, la question reste encore peu explorée, malgré la reconnaissance croissante des obstacles rencontrés par les praticiens face aux barrières linguistiques, aux différences de représentations de la santé, et aux contraintes organisationnelles limitant l’accès aux interprètes professionnels . Dans la région Auvergne–Rhône–Alpes (ARA), caractérisée par une diversité culturelle marquée, évaluer la capacité des médecins généralistes à intégrer ces différences dans leur pratique constitue donc un enjeu marquant, à la fois en termes de qualité des soins et d’équité en santé.
L’objectif principal de ce travail est d’évaluer la capacité des médecins généralistes en ARA à intégrer les différences culturelles dans leurs pratiques médicales.
Les objectifs secondaires sont d’identifier les facteurs associés et de recenser les barrières ainsi que les besoins de formation exprimés par les praticiens.